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Faut-il toujours suivre ses désirs ? | Lausanne #28

Dès le départ, une idée s’est imposée : le désir est un manque. On désire ce que l’on n’a pas, ce qui nous échappe. Mais en suivant tous ses désirs, ne risque-t-on pas de se perdre ? Et à l’inverse, si l’on ne les suit pas, comment orienter son action ?


Les participants ont rapidement distingué le désir d’autres notions proches : le besoin, qui répond à une nécessité ; la volonté, qui suppose une décision ; ou encore l’espoir, plus passif et souvent tourné vers ce qui échappe à notre contrôle. Le désir, lui 1) procède de l’attraction 2) appelle à l’action et 3) ne répond pas nécessairement à une nécessité. Il peut être immédiat et primaire, mais aussi plus réfléchi, orienté par des valeurs ou un certain code de conduite.


Intuitivement, le groupe s’accordait sur un point : tous les désirs ne sont pas bons à suivre. D’où la question centrale : comment distinguer les bons des mauvais désirs ? Autrement dit, selon quels critères décider de les suivre ou non ? Plusieurs pistes ont été évoquées : le bon désir serait celui qui a du sens, celui dont la poursuite produit des effets positifs — pour soi ou pour les autres — ou encore celui qui peut être satisfait. À l’inverse, certains désirs insatiables, comme la quête de statut social, entretiennent une frustration permanente.


Un autre point de tension est apparu : le problème ne tient peut-être pas tant à la nature des désirs qu’à leur multiplicité. Nous sommes traversés par des désirs souvent contradictoires, dont la satisfaction simultanée est par définition impossible. Certains semblent venir de nous, d’autres sont mimétiques, influencés par les autres ou par la publicité. Dans ce contexte, le « bon » désir serait celui qui émane véritablement de soi.


Enfin, plusieurs exemples ont rappelé que les désirs n’ont pas tous la même direction. Certains nous tirent vers davantage de vie, quand d’autres nous enferment dans des formes d’évitement ou de dépendance. Le désir peut être un moteur, mais aussi un piège — comme dans le cas des addictions qui nuisent à notre bien-être. Dès lors, un « mauvais » désir serait peut-être celui qui entre en conflit avec notre désir ultime et le plus profond : celui de vivre.

 
 
 

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