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Jusqu'où doit-on tolérer ? | Fribourg #15

Dernière mise à jour : 1 déc. 2023

Nouveau café-philo, nouvelle question. Politique, une fois de plus. Mais en même temps, tout est politique.


Jusqu’où devons-nous tolérer ? Jusqu’où nous le pouvons, cela dépend de nos capacités mais jusqu’où devons-nous le faire ? Des blagues aux gestes déplacés, d’une personne qui parle fort au téléphone dans notre wagon à un parent qui violente son enfant dans la rue où nous passons, des propos d’un vieil oncle à ceux d’un parfait inconnu, où se situe la (ou les) limite(s) à la tolérance ?


Essai de définition pour commencer : Tolérer, c’est accepter une différence, qu’elle soit d’opinions, de valeurs, de jugement, d’attitude, etc. Cette différence se distingue par le fait que nous la jugeons négativement. En effet, si mon ami·e s’est teint·e les cheveux en bleu et que cela ne me dérange pas le moins du monde ou que je trouve que cela lui va bien, alors il n’y a pas lieu de dire que je « tolère » sa nouvelle teinture. Tolérer, c’est faire de la place à quelque chose qui ne nous convient pas vraiment, mais qu’il nous semble mieux d’accepter, d’accueillir.


Un ami juriste, habitué des cafés-philo, formule la tolérance comme suit : « c’est un pacte minimal de non-aggression ». Minimal car la tolérance vise à créer, métaphoriquement parlant, un espace de coexistence maximale des libertés individuelles et/ou collectives, libertés qui peuvent être sources de différences. Et pourquoi ? Au nom de l’intérêt, du bien commun, répond une autre voix. Plus une société est tolérante, plus les libertés de chacun·e sont grandes.

Voilà bien des termes lourds en connotations qui rendent difficile – et relative – toute tentative de réponse à la question initiale. Pour déterminer la limite à respecter de cet espace politique à préserver – en d’autres termes, pour savoir ce que je dois tolérer ou non – il faudrait donc préalablement définir, dans un cas donné :

  1. L’intérêt ou les intérêts commun(s) en jeu (les valeurs) ;

  2. Les libertés en jeu (les personnes) ;

  3. Les nuisances faites à 1. et/ou 2. (les différences) ;

  4. Les limites acceptables pour 3., compte tenu de 1. et 2 (la tolérance).

(Faites-le test avec les exemples initiaux pour clarifier.)

Tout cela demande beaucoup de clairvoyance, de prise de responsabilité et donc de courage, tant dans la définition des points 1 à 4 que dans leur affirmation à l’égard d’une autre personne ou d’un autre groupe de personnes qui possède peut-être une tout autre conception du monde que moi. D’où cette question bien actuelle qui devrait-nous interroger : quand nous tolérons, n’est-ce pas parfois par lâcheté ?

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