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La démocratie est-elle le meilleur système politique ? | Fribourg #4

Dernière mise à jour : 1 déc. 2023

Les Occidentaux semblent toujours partir du principe que la démocratie est le régime politique par excellence. Certains Etats en sont tellement convaincus qu’ils se fixent comme devoir moral de répandre leurs idéaux démocratiques à travers le monde, allant parfois même jusqu’à utiliser la force. Ceci, en dépit des circonstances géo-politiques, économiques, et culturelles des pays concernés.

Mais avant de partir en croisades intellectuelles pour la démocratie, ne serait-il pas judicieux de s’assurer qu’il s’agit bien du système le plus adapté, et ceci dans tous les cas de figure ?

Un participant nous propose une expérience de pensée : imaginez que vous arriviez dans une tribu complètement désorganisée, dans laquelle aucun rôle n’a encore été attribué. Une question fondamentale émerge rapidement : qui décide des règles selon lesquelles vous allez vivre ensemble ? Trois possibilités s’offrent à vous : une personne (monarchie/dictature); un groupe restreint de personnes (oligarchie/aristocratie); le peuple, c’est-à-dire l’ensemble des membres de la tribu (démocratie).

Afin de classifier ces trois possibilités, encore faut-il savoir quel(s) but(s) la société en question souhaite accomplir. Un système politique doit-il chercher à créer un maximum de richesses ? Préserver la dignité des individus ? Servir le bien commun ? Rendre ses membres heureux ? A cette question, les membres semblent s’accorder sur une chose : la politique doit garantir un cadre dans lequel chaque individu a la possibilité de s’épanouir.

Mais dans un monde aussi complexe que le nôtre, le peuple est-il vraiment le plus à même de prendre les bonnes décisions ? Comment faire confiance à Monsieur et Madame tout le monde lorsqu’il s’agit de décider dans quelles sources d’énergie investir, comment lutter contre le chômage et l’inflation, ou encore, quelle politique extérieure adopter ? Ne faudrait-il pas léguer celles-ci à des experts qui maîtrisent leurs sujets ? De plus, les gens cherchent bien plus souvent à défendre leurs intérêts personnels que le bien commun, n’est-ce pas ?

Suite à un long silence, un participant nous rappelle un concept essentiel : un régime politique ne peut pas être exclusivement évalué en fonction de son efficacité. Pour qu’un régime fonctionne, il doit également être légitime. Les processus utilisés pour prendre les décisions sont tout aussi importants que les décisions elles-mêmes. En d’autres termes, en démocratie, ce n’est pas la fin qui justifie les moyens, mais les moyens qui justifient la fin.

L’idéal démocratique ne consisterait donc pas à toujours prendre les bonnes décisions, mais à respecter la volonté de ses participants. Ce faisant, ce contrat social permet une discussion prolongée et répétée entre tous ses membres. Loin d’être parfaite, cette tyrannie de la majorité puiserait sa vertu en ce qu’elle propose un cadre de discussion non-violente. Sa valeur proviendrait du sentiment de liberté qu’elle procure, et de la stabilité que ce dernier garantit.


Finalement, de la même façon qu’un moteur ne peut tourner sans huile, la démocratie ne peut prospérer qu’en satisfaisant une condition sine qua non : la confiance de ses membres dans les institutions qui l’incarnent. Aujourd’hui, parlements, gouvernement, tribunaux, et médias semblent perdre l’adhésion d’un nombre toujours plus important de citoyens. Alors que ce phénomène s’aggrave, les doutes semblent se multiplier, d’où peut-être l’intérêt des participants pour la question initiale ?

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