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La question d’avoir des enfants devrait-elle être privée ou publique ? | Fribourg #11

Le sujet de ce café-philo portait sur une question bien actuelle. Alors que l’avenir semble particulièrement incertain, nombreuses sont les personnes estimant qu’il n’est plus souhaitable d’avoir des enfants. Et pourtant, les nouvelles générations sont une condition sine qua non de l’avenir d’une société. « Pas d’avenir donc pas d’enfants », affirment les un·es. « Mais pas d’enfants donc pas d’avenir », rétorquent les autres.

A cet égard, faudrait-il qu’une politique des naissances soit imposée ou vaut-il mieux que chacun·e fasse ce qui lui semble judicieux ? Que faire ? Premièrement, prendre un peu de recul. Et interroger la volonté d’avoir des enfants.

Les réponses n’ont tardé à suivre. Qu’importe les âges dans l’assemblée, les mêmes idées se bousculent, toutes plus pertinentes les unes que les autres. En quelques minutes à peine, tous les points clés de la question ont été mentionnés. Il fallait alors les approfondir, les relier.

Se poser la question de sa parentalité implique tout d’abord la liberté de pouvoir se poser cette question. Nous vivons dans une société où les techniques de contraception n’ont jamais été aussi fiables et où les mœurs n’ont jamais été aussi libérales. En somme, nous n’avons vraisemblablement jamais été aussi libres de choisir d’avoir un·e enfant ou non.

Très vite, de nombreuses voix reviennent à la question initiale pour prendre fermement position : hors de question que l’état impose une régulation des naissances, que celle-ci soit positive ou négative. Obligation ou interdiction d’avoir des enfants ou plus/moins de X enfants, qu’importe ; la parentalité doit rester une question privée.

Affaire classée ? Non car les choses ne sont pas si simples, même dans la sphère privée. Une participante l’exprime clairement : « Parfois, c’est une envie qui me prend, immédiate, qui semble venir du fond de moi-même…Alors que ce n’est pas du tout le bon moment dans ma vie ! ». Instincts primitifs ou pure construction sociale, nous avons l’impression qu’une force – vitale – influe sur la question.

Face à cette impulsion, nous examinons notre situation. Conscient·es que nous ne pouvons prendre l’entière mesure des responsabilités et des conséquences que cela implique, nous établissons des critères, posons des conditions. Et surtout, nous spéculons. Sur notre avenir et celui de cet être, encore hypothétique.

C’est alors que la sphère publique se révèle essentielle. Nous réalisons que nos réflexions sont pétries d’injonctions sociales et influences culturelles, que notre environnement est aussi important que notre situation personnelle. La question de la parentalité est inévitablement aussi publique : soutiens aux familles, qualité de l’éducation dispensée, perspective d’avenir pour les parents et les enfants, stabilité économique et politique, etc. Tant de variables qui se mêlent à nos désirs et se confondent dans nos attentes. La question d’avoir des enfants est donc privée (en premier lieu) et publique (par son influence), qu’importe le contexte social.

Privé, public. Individu, environnement. Une fois de plus, nous apprenons que l’un ne va pas sans l’autre. Cela dit, la discussion nous montre aussi que cette question nous dépassera toujours. Et c’est peut-être pour le mieux. Au final, ce n’est peut-être pas tant le choix que nous faisons qui compte mais la façon dont nous nous engageons dans ce qui est, et restera, une fascinante inconnue.

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