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Quelle part de déni est nécessaire pour fonctionner au quotidien ? | Fribourg #22

Que nous le voulions ou non, nos actes ont des conséquences. Voilà une idée que nous sommes appelés à intégrer très tôt dans notre vie, que cet appel émane de nos parents ou que nous le constations suite à une expérience, une tentative, une maladresse. Grandir, c’est notamment comprendre que nos actes impactent.


L’impact de la règle s’étend à mesure que se développent notre champ d’action, notre conscience et notre sens des responsabilités. Or, il se trouve que nous évoluons pour la plupart dans une société dite hypermoderne ; hyperconnectée et hyperconsciente. Au centre de cette hyperconscience sont logées deux préoccupations majeures : les oppressions systémiques et le dérèglement climatique.


Nous sommes toujours plus conscient·es que chacun de nos faits et gestes a un impact sur une cause sociale, environnementale, animale, etc. En même temps, il semble qu’une conscience total de l’état du monde actuel a de quoi nous laisser comme tétanisé·e, incapable de commettre la plupart des actes pourtant nécessaires à notre existence contemporaine. De là se pose cette question : quelle part de déni est nécessaire pour fonctionner au quotidien ?


Pour tenter d’y répondre, il faut commencer par définir le déni. Nous posons que le déni désigne une forme de discordance entre la conscience des conséquences de Y (comme “acheter une pastèque”) et l’action Y. [Bien sûr, le déni s’articule en degrés de conscience et semble parfois inconscient, comme à la suite d’un stress post-traumatique. Mais c’est un développement pour une autre discussion.] Le déni s’entend ici comme un évitement de nos potentielles responsabilités.


Pour la saisir, prenons l’exemple suivant d’X qui s’achète une pastèque en hiver. Si X ne sait rien de l’urgence climatique et de l’impact écologique, biologique et social des pastèques, nous dirons que X est ignorant. Maintenant, plus X est consciente des conséquences de son achat, plus nous dirons qu’elle est dans le déni si elle achète tout de même sa pastèque.


Vraiment ? Non, il semble que l'exemple manque de nuance. En effet, nous devons dire que plus X est consciente des conséquences de son acte et plus elle le fait sans considération ni remord, alors plus X est dans le déni. Car X est bien moins dans le déni si elle ressort mal à l’aise avec sa pastèque mais consciente que c’est pour préparer le plat préféré d’un être cher en peine, qu’elle a au moins pris une pastèque bio et qu’elle n’ira pas au travail en voiture cette semaine pour compenser.


X n’aurait-elle pas mieux fait de préparer un autre plat ? Peut-être mais nous n’en savons pas assez sur X pour en juger. Ce constat et cet exemple nous permettent de répondre par quelques hypothèses à une question qui reste ample et complexe.


  1. Il semble qu’une part de déni soit inévitable face à la complexité du monde et de la vie.

  2. Il semble aussi que nous devons essayer d’être aussi peu dans le déni que possible pour être responsable.

  3. Il semblerait que cette part dépende d’une myriade de facteurs objectifs et subjectifs.


A chacun·e maintenant de faire des efforts pour progresser sur ce chemin, exigeant mais essentiel à la sagesse. Et à notre avenir.

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