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Quelle est la part de la responsabilité émotionnelle dans nos relations?

Une fois n’est pas coutume, nous sommes parti d’une histoire vécue par beaucoup pour commencer ce premier café-philo de 2026. Sommes-nous responsables de la souffrance de l’autre que l’on quitte? 

En effet, cette souffrance semble directement engendrée par la rupture. Après analyse toutefois, nous nous sommes rendu compte que si impact émotionnel il y a, l’émetteur n’est pas à proprement parlé « coupable » de la réaction de l’autre. Une question plus fondamentale s’est alors manifestée: sommes-nous responsables de nos propres émotions ? De manière étonnante, non, enfin si mais le sujet nous a semblé assez captivant pour en discuter longuement.


Une émotion se manifeste comme elle est, brute. On ne parle alors pas encore de responsabilité. Donnons un exemple, la colère. La colère se manifestant, on dit parfois maîtrise ta colère. Mais que dit-on vraiment? Veut-on dire « étouffe ta colère » ? Cela semble absurde, car toute émotion est par définition vécue et ne peut pas s’étouffer. Etouffer s’apparente à se couper de soi-même, à nier sa nature propre. Et donc à ne pas être responsable, mais à éviter cette colère qui surgit.

Veut-on plutôt dire « comprend pourquoi tu es en colère »? Oui, car on ne peut maîtriser que ce que l’on comprend. L’attitude change, car comprendre est non jugeant. Comprendre, c’est reconnaitre et investiguer. Par contre, comprendre ne signifie pas accepter. Dans la compréhension, nous pouvons être responsable de la colère que nous portons.


Un deuxième temps de ce café-philo a été l’occasion de discuter des asymétries de pouvoir dans les relations. Ainsi, un employé est-il responsable de son burn-out pour n’avoir pas su s’affirmer et dire non à son employeur? Oui, non, peut-être … Et l’employeur est-il pour autant responsable du burn-out de son employé? Oui, non, peut-être… Il semble que cela dépende du contexte. Mais il semble surtout que cela dépende de la qualité de la communication (respect, bienveillance, honnêteté). 


On peut résumer notre réponse à la question du jour ainsi. Nous ne sommes pas responsables de nos émotions, ni de celles des autres. Nous sommes par contre responsable de deux choses. D’une, tourné vers nous-mêmes, nous sommes responsables de ce que l’on fait de nos émotions. De deux, tourné vers les autres, nous sommes responsables de l’intention avec laquelle nous communiquons. 


Bien sûr, il est plus facile de faire de belles phrases autour d’un café chaud que de pratiquer. L’un n’empêche en tout cas pas l’autre.

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