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« Le c'était mieux avant : est il un fantasme ou une réalité ? » | Neuchâtel #6


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Et si ce fameux « c’était mieux avant » n’était finalement qu’un reflet de ce qui cherche à être compris en nous ? Une nostalgie que l’on projette sur le monde extérieur, alors qu’elle parle avant tout de notre rapport au temps, à la perte, et surtout à nous-mêmes.

Pour certains, cette question ne se pose jamais. Pour d’autres, elle surgit lors d’une retrouvaille, d’un souvenir ravivé, d’un moment suspendu avec des ami(e)s par exemple, où l’on mesure ce qui a changé. Elle renvoie parfois aux promesses de l’enfant que nous étions et que nous n’avons pas tenues; et, dans ce sens, non, ce n’était pas mieux avant.


Notre cerveau a tendance à sélectionner, arranger, embellir : il fabrique des souvenirs qui nous conviennent. Une part de fantasme s’y glisse inévitablement. Alors, à quoi se réfèrent ceux qui pensent que « avant » était mieux ? À des repères humains, sociaux, ou tout simplement à une période qui est finie, et qui rassure précisément parce qu’elle est terminée. On y a survécu ; elle ne peut plus nous surprendre. Le futur, lui, reste chargé d’inconnu, donc cela révèle notre peur.


Le fil conducteur qui revient souvent, c’est celui de la perte. Perte d’innocence, de simplicité, d’énergie, d’illusions. Et pourtant, ce sentiment est profondément subjectif : chacun regarde son passé avec son propre prisme. Que nous manque-t-il vraiment aujourd’hui ? Car factuellement, tout montre que nous évoluons sans cesse. Si ce fantasme existe, c’est peut-être aussi parce que nos responsabilités, nos enjeux; tout est plus grand aujourd’hui qu’hier.

Comparer « avant » et « maintenant » : à quoi cela nous sert-il vraiment ? Peut-être à apprivoiser notre peur de vieillir. Peut-être à supporter la contradiction permanente entre le désir de stabilité et l’envie d’évoluer. Dans le passé, nous ne risquons plus rien : plus de choix à faire, plus de responsabilité. Dans le présent et le futur, tout reste à construire et cela implique d’assumer ce que nous sommes devenus.


Le « c’était mieux avant » peut aussi devenir un bouclier : une façon d’éviter d’affronter ce qui, aujourd’hui, nous manque vraiment. Peut-être que certaines pages n’ont jamais été tournées. Et même se demander si l’on ferait les mêmes choix en revenant en arrière revient à reconnaître une forme de perte d’innocence, une question qui, au fond, n’a pas vraiment de sens.


Quid de la mort qui nous attend?


Au final, la vraie interrogation pourrait être : est-il seulement possible de porter un regard totalement objectif sur notre passé, notre présent et ce qui nous attend ?

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