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Peut-on se passer de l'effort ? | Lausanne #26

Très vite, un participant a proposé une lecture radicale : toute action suppose une dépense d’énergie, donc un effort. Dans cette perspective, vouloir se passer de l’effort reviendrait en quelque sorte à se passer d’action. Et donc, à terme, de vie. D'un point de vue strict, l’absence totale d’effort serait alors synonyme de mort.


Mais la discussion s’est ensuite affinée autour d’une définition plus subjective. Ce que l'on entend généralement par "effort", ce ne serait pas seulement une dépense d’énergie, mais un mouvement que l’on fait "contre soi-même". Un effort serait une action que l'on entreprend malgré une résistance intérieure, sous l’impulsion d’une volonté (la nôtre ou celle d’autrui) afin d’atteindre un objectif ou de satisfaire un désir.


Peu à peu, le débat s’est donc déplacé vers une nouvelle question a priori plus pertinente : faut-il chercher à minimiser nos efforts (ou maximiser notre confort) ? Dans une époque marquée par les progrès technologiques et l’essor de l’intelligence artificielle, qui permettent de déléguer un nombre croissant de tâches aux machines, cette interrogation a pris une résonance tout particulière.


Car si ces outils nous libèrent de certains efforts, ils soulèvent aussi un risque : celui de l’atrophie. Physique, d’abord, lorsque le corps est de moins en moins sollicité. Mais aussi, et de plus en plus avec les outils comme ChatGPT, une atrophie intellectuelle, lorsque la réflexion, la mémoire ou la créativité sont progressivement externalisées.


Dès lors, se passer de l’effort pourrait avoir un prix : perdre en autonomie, en résilience, voire en liberté. Peut-être ne s’agit-il pas tant de savoir si l’on peut se passer de l’effort, mais plutôt de quels efforts nous choisissons de nous passer, et de ce que nous acceptons de sacrifier en échange.

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